Château Seguin compte 31
hectares (50% Cabernet-Sauvignon et 50%
Merlot) exposés est-ouest . Nous avons énormément investi dans l’outil de travail, en nous équipant d’installations très performantes, venons de terminer un
chai à
barriques de 800 m2 semi-enterré, adossé au cuvier, récent lui aussi. Nous avons engagé une douzaine de personnes qui travaillent en permanence sur la propriété. Le
brillant œnologue David Pernet nous prodigue ses excellents conseils. Je trouve qu’il représente l’avenir du bordelais, il a réussi à apporter à Seguin tout un concept environnemental. Pour exemple, nous avons divisé par dix les traitements, enherbé les rangs, révisé la
taille, préfèrant s’en tenir à des
rendements extrêmement
faibles pour obtenir une grande qualité.
Nous avions nos preuves à faire car cette propriété était tombée dans l’oubli. Lorsque nous avons jeté notre dévolu sur
Château Seguin, nous avons consulté des archives du début du XIXe siècle (1874, pour être précis), qui mentionnaient l’une des plus belles croupes graveleuses de
Bordeaux. On rapportait alors que les rouges très fins de Seguin ressemblaient à ceux de son voisin Haut-Brion, et les
blancs à ceux de son autre voisin Carbonnieux ! Ces éloges m’ont laissé penser que ce
terroir avait été sous-exploité et qu’il y avait un potentiel à révéler de
nouveau. Nos études pédologiques ont diagnostiqué, à certains endroits, des profondeurs de 8 mètres de
graves, ce qui est assez rare, le
terroir est donc très drainant.
Dès notre arrivée, nous avons recensé tous les paramètres susceptibles d’intervenir dans la qualité, les
vignes, la réception des vendanges... tout a été revu en détail. Je me rendais compte que le ramassage “traditionnel” avec les
paniers en osier puis la
hotte et ensuite le tombereau... malmenait terriblement le raisin. J’étais persuadé qu’il y avait déjà une forte perte
aromatique avant que les
raisins soient mis en cuves. Pour faire du bon vin, il faut absolument avoir un beau
fruit. Nous récoltons donc à Seguin tous les
raisins en cagettes avec un premier tri à la vigne; puis les cagettes sont rangées et ramenées à
plat, nous ne laissons surtout pas “traîner” le raisin. Il y a un grand système de tri manuel, éraflage, table vibrante, les grains tombent dans un cuvon, puis dans la cuve. Il y a un
fouloir à l’intérieur de la cuve qui permet de préserver tous les
arômes. Notre
vinification s’effectue bien sûr en cuves inox thermorégulées puis le vin vieilli dans le
chai à
barriques. Nous préférons avoir un échantillonnage de
barriques venant de plusieurs fournisseurs avec différentes essences de bois. Le premier vin,
Château Seguin, est mis en
barriques neuves de 16 à 18 mois, cela suffit largement. Le second vin, L’Angelot de Seguin, bénéficie d’un passage en bois plus
court pour préserver le
fruit. Nous produisons aussi une
cuvée d’exception Confidence de Seguin, un vin dont les
fermentations sur
lies s’effectuent en
barriques neuves (2000
bouteilles seulement). Un vin assez remarquable qui bénéficie d’une
vinification plus sophistiquée, les bâtonnages lui apportent du
gras, un vin non filtré, non collé, juste soutiré, qui bénéficie d’un
long vieillissement en
barriques neuves.
M. Darriet a constitué une équipe solide autour des deux maîtres de
chai, du chef de culture, des ouvriers agricoles, qui sont tous très attachés et très motivés pour redonner ses lettres de noblesse à
Château Seguin. Nos efforts ont vite été récompensés :
Château Seguin 2005 a obtenu la médaille d’or à Paris, et la meilleure note des
Pessac-Léognan dans Decanter (17,66).
Château Seguin 2006 a fait la “Une” du Point, c’était le coup de cœur de l’année, cela m’a fait très plaisir. Pour le 2007, nous avons des articles très élogieux, cela ne m’étonne pas car je considère que c’est l’un des meilleurs
millésimes de Seguin, un vin exceptionnel aussi bien en premier qu’en second vin (les
rendements étaient très
faibles). Tout cela démontre les gros efforts que nous avons consenti pour amener Seguin au sommet. Je précise aussi que, volontairement, nous maintenons nos
prix extrêmement bas, très attractifs, car nous partons du principe que pour qu’un vin soit connu, il faut qu’il soit bu ! On permet à tout le monde de pouvoir se l’offrir, c’est une volonté délibérée. C’est un juste
prix qui ne nous permet même pas d’équilibrer nos comptes... Cela situe
Château Seguin dans un excellent rapport qualité-
prix des
vins du bordelais et c’est une de nos fiertés.”